Neuchâtel 1642-1942 Trois siècles d'iconographie

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Une remarquable « mise en lumière » de la ville de Neuchâtel

 Lorsqu’en 1990, j’ai confié à Patrice Allanfranchini mon regret de constater la difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité, pour le grand public, d’avoir accès à la très riche iconographie consacrée à la ville de Neuchâtel, je ne me doutais pas (et lui non plus sans doute !)  que quatorze ans plus tard, il m’appellerait pour me demander de préfacer le remarquable ouvrage que vous avez sous les yeux.

Quatorze années de recherches patientes, dans les musées, les bibliothèques et dans les collections privées, pour offrir aux amateurs la publication quasi exhaustive des gravures, lithographies, estampes, aquatintes, eaux-fortes, aquarelles, et dessins consacrés à Neuchâtel entre 1642 et 1942. Quatorze années aussi durant lesquelles Patrice Allanfranchini a procédé à une analyse historique attentive et rigoureuse de ces œuvres pour en tirer les informations qui lui ont permis de décrire, avec une grande richesse de détails, l’évolution urbanistique et architecturale de la ville.

Ainsi, les quelque 1’000 reproductions et les commentaires qui les accompagnent  viennent illustrer avec bonheur les six maquettes historiques de Neuchâtel réalisée par Jean-Fred Boekholt  sous la direction de Jean-Pierre Jelmini et d’Olivier Giradbille, et dont l’objectif est précisément de « permettre  de découvrir les mécanismes d’accroissement de la cité, entre sa naissance autour du château primitif et son extension actuelle d’Auvernier à Hauterive. »

Mais l’intérêt de cet ouvrage ne se situe pas sur le seul plan du développement historique et urbanistique. Il apporte également, même si ce n’est pas là son but premier, de précieuses informations sur les techniques de représentations et sur l’évolution artistique et iconographique durant les trois siècles qui séparent la première vue connue de Neuchâtel, la fameuse gravure sur cuivre de Matthäus Merian, des dessins aux crayons de couleurs composés par Léopold Gern.

 Pour conclure, j’aimerais dire que les villes sont comme les femmes : elles apprécient, lorsqu’elles sont en beauté, qu’on les mette en lumière. Avec cet ouvrage, Patrice Allanfranchini donne à la sienne, à la nôtre, un éclairage qui lui manquait. Il lui rend ainsi, de même qu’à tous les artistes qui l’ont illustrée, un hommage mérité. On ne peut donc que lui en être infiniment reconnaissant.

Blaise Duport

Ancien conseiller communal

Neuchâtel 1642 - 1942

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